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amanda rummery

rebondir du bon côté des choses

rebondir du bon côté des choses
Il est rare d’entendre quelqu’un dire « de me faire amputer un bras a été l’une des meilleures décisions de ma vie ». Une fois qu’il eut été clair pour Amanda Rummery que son bras gauche n’allait pas magiquement redevenir normal, elle savait qu’elle se porterait probablement mieux sans le fardeau qu’il était malheureusement devenu.

Et elle n’a pas de regret. En fait, elle aurait préféré en arriver là plus tôt. Cet obstacle que plusieurs ont perçu comme un revers l’a en fait propulsé vers l’avant. Avec un bras en moins, elle met le cap sur les jeux Paralympiques, pour représenter le Canada en tant que sprinter au 400m – une aventure qu’elle n’aurait jamais même imaginée. Elle en a profité pour prendre le rebond d’une situation fâcheuse, et par le fait même, d’en voir le bon côté.

Deux ans après l’accident qui lui a couté son bras, elle décide, pour rester active, de se joindre à une équipe de parathlétisme qui venait d’être inaugurée à l’Université d’Alberta. Après quelques mois d’entrainement, sa coach, Maegan Ciesielski, décèle en elle cette lueur de potentiel qui pouvait évoluer en quelque chose de beaucoup plus grand. Évidemment, Amanda devrait se coller à la discipline demandée pour la réalisation de ce potentiel et y mettre tout le travail nécessaire, mais elle était prête à écrire ce nouveau chapitre de son histoire.
Malgré qu’elle n’eût jamais vraiment couru compétitivement avec ses deux bras, elle a jugé n’avoir rien à perdre à se mesurer à cette nouvelle aventure avec son nouveau corps.
elle ne savait pas comment utiliser un starting-block ou comment utiliser le mouvement des bras pour accélérer. elle n’était donc pas en désapprentissage – c’était vraiment le contraire en fait; elle apprenait de nouvelles choses.
Aux Jeux Paralympiques, certaines épreuves ne sont ouvertes qu’aux personnes avec certains handicaps. Dans le cas de l’athlétisme, pour les femmes avec un handicap au niveau des bras, on n’offre que les distances de 100m, 200m et 400m. Après une série d’essais sur plusieurs distances, Amanda et sa coach ont décidé qu’elle était mieux adaptée pour le 400m. De l’étincelle jaillissait la flamme; elle était prête à devenir la meilleure sprinteuse possible.

Ironiquement, Rummery n’avait pas un profil particulièrement athlétique en grandissant. Elle participait à des sports récréatifs autant que n’importe quelle autre jeune femme. Ayant toujours cru qu’elle n’avait pas vraiment d’habiletés exceptionnelles à cet effet, d’entendre qu’elle avait le potentiel de devenir une sprinteuse compétitive sur le 400m l’a réveillé à une nouvelle réalité. Il y avait tout ce potentiel en dormance et inexploité dont elle ne se doutait même pas de l’existence.
La perte de son bras était un bon exemple du genre de circonstances sur lesquelles elle n’avait pas de contrôle – ça pouvait arriver à n’importe qui. Il y aura toujours de ces épreuves dans la vie qui surviennent du fait d’événements incontrôlables, mais avec lesquelles nous pouvons faire la paix en nous reposant sur certaines constantes. Pour elle, la course est devenue cette constante, cet exutoire qui est déboulé dans sa vie juste au bon moment, lorsqu’elle en avait le plus besoin. Mais c’est sa détermination et son dévouement qui l’aideront à réaliser ses rêves.

Comme le note tou.te.s ceux et celles qui commencent un nouveau programme d’entrainement ou se lancent dans une nouvelle discipline sportive, il n’y a pas de raccourcis pour atteindre le succès. La plupart des athlètes développent des routines qui fonctionnent pour eux.elles. La structure est, à sa façon, réconfortante. Le plan de match et la constance qu’il demande sont nécessaires pour pousser les athlètes à travers les hauts et les bas. La piste sera toujours de 400m, et attendra qu’on vienne em découdre. Après tout, on n’atteint nos objectifs qu’à la hauteur des efforts qu’on y met – peu importe nos intentions.

Amanda s’entraine souvent avec l’équipe d’athlétisme de l’université de l’Alberta étant donné que, localement, il n’y a pas beaucoup d’athlètes en situation de handicap avec lesquel.le.s elle pourrait courser. Initialement, lorsqu’elle courrait avec ses comparses, elle terminait toujours dernière. Mais plutôt que de se laisser abattre, elle a préféré s’inspirer de la situation pour se lancer corps et âme dans son entrainement. En bout de ligne, l’expérience aura été conclusive une fois que les rôles se sont inversés. Ses temps sont devenus de plus en plus rapides. Mais ce n’était pas la victoire qui la rendait heureuse, mais plutôt de savoir que sa forme physique s’améliorait de plus en plus.
Même si le peloton n’est pas sur le même pied d’égalité, certaines des athlètes n’étant pas en situation de handicap essayaient quand même de comprendre et de s’identifier à elle. Elle entendait parfois des commentaires du genre « je me suis déjà cassé le bras » ou « j’ai essayé de courir avec un bras dans une atèle », affirmations qui, bien qu’ayant des intentions bienveillantes, ne permettaient pas vraiment de rapprochements avec la situation d’Amanda. Bien qu’il soit important d’essayer de comprendre la réalité des autres, Amanda seule peut ressentir ce que c’est que de s’entrainer dans sa situation.

Les athlètes se retrouvent plus souvent qu’autrement dans leur passion pour le sport, mais tous ont des expériences et des parcours différents.
il faut toutefois reconnaître qu’il y a quelque chose de remarquable à célébrer dans ces profondes connexions que les athlètes tissent entre e.ux.lles, malgré leurs expériences parfois radicalement distinctes.
Amanda convoite certes ce statut de championne du monde un jour, mais elle ne court pas que pour gagner. D’autres athlètes compétitifs pourraient croire que cette mentalité est absurde. Pourquoi courir si ce n’est pas pour l’or? Pour Amanda, cette aventure est beaucoup plus personnelle que pour une simple preuve au monde de ce qu’elle est capable. Elle court pour être la meilleure athlète qu’elle puisse être.

« Je ne cours pas pour la première place. Je cours pour simplement avoir un temps qui reflète là où j’en suis avec mon entrainement. Et je crois que plus de gens devraient réfléchir et se concentrer sur ce fameux ‘pourquoi’, plutôt que se comparer incessamment aux autres, » déclare Amanda.

Étonnamment, Amanda est la seule femme amputée d’un bras qui court au niveau professionnel au Canada. Elle espère qu’à travers sa plateforme elle puisse démocratiser les para-sports et ainsi inciter plus d’organisations et de bureaux publics à créer des programmes pour supporter et susciter l’intérêt des jeunes en situation de handicap.

Le sport a ce pouvoir de vraiment façonner qui nous sommes et devenons. La confiance, le respect, la résilience, la responsabilité, la patience, le leadership ainsi que plein d’autres traits de caractère et compétences qui peuvent changer une vie sont tous autant de moyens et méthodes qui peuvent être développés par le sport. Nos voisins au sud de la frontière sont des années lumières en avance sur nous lorsqu’il est question de programmes et de compétitions de para-sports pour les jeunes. Notre pays est fier d’être inclusif et diversifié, mais nous ne sommes vraiment pas à la hauteur pour les personnes en situation de handicap. Nous devons faire mieux.

Bien qu’il soit vraiment incroyable de voir des athlètes aux Jeux Paralympiques atteindre des sommets de performance toujours plus hauts, pour Amanda, il n’est pas question de n’être reconnue que comme une inspiration. « Le mot ‘inspiration’ est lancé un peu partout et à toutes les sauces quand il est question de personnes en situation de handicap, » dit-elle.
« Oui, notre corps est peut-être différent de celui des personnes ‘normales’ mais ne sommes-nous pas tous uniques dans nos imperfections? »
pour amanda, d’être source de motivation est beaucoup plus gratifiant. que ce soit pour un enfant à qui il manque aussi un bras ou pas; elle souhaite que tous puissent faire des choix de vie indépendamment des obstacles qui se dressent devant eux, et puissent ainsi opter pour un mode de vie plus sain.
Amanda vit de la simple devise suivante : « pas d’excuses ». Qu’elle soit sur la piste ou non, elle se concentre sur ces petits changements significatifs qui, au jour le jour, la rendent meilleure que le jour précédent. Cette mentalité simple mais tout autant profonde lui permet de se développer constamment et quotidiennement. Peu importe où on se trouve, on peut toujours faire de son mieux chaque jour, être meilleur pour soi et les autres.

Pour elle, de se qualifier pour l’équipe paralympique aux jeux de 2024 est bien plus qu’un objectif personnel. Elle veut confirmer une nouvelle narrative; peu importe notre apparence ou notre passé, tout est encore possible.

Pour Amanda, et pour tellement d’autres, la course favorise une joie pure et simple ancrée dans le bonheur et favorisant l’atteinte d’un « moi » harmonieux et en santé. La piste, c’est là où elle prend vie; cet espace entretient sa positivité, son attitude optimiste et son inébranlable gratitude. Et cette harmonie avec soi est une expérience qu’elle voudrait que tous puissent vivre et expérimenter.
à propos de l'auteur.e
kelty campbell
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